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Sécurité

"Un navire chargé de matières chimiques explosives au large du Liban dans les prochaines heures", prévient un député FL

Le ministère de la Défense et le commandement de l'armée acceptent que la cargaison soit déchargée dans le port de Beyrouth, à l'exception des dix conteneurs renfermant des produits chimiques.

Vue du port de Beyrouth dévasté par l'explosion du 4 août, dans une photo prise le 9 décembre 2020. Photo REUTERS/Mohamed Azakir

Le député de Zahlé Georges Okaïs, affilié aux Forces libanaises de Samir Geagea, a affirmé mercredi que dans les prochaines heures, un navire chargé de matières chimiques explosives est attendu au large des côtes libanaises afin de décharger sa cargaison qui serait destinée à la Syrie. Il a tiré la sonnette d'alarme, mettant en garde contre un scénario qui rappellerait la gigantesque explosion meurtrière du 4 août dernier au port de Beyrouth, causée par l'incendie d'un stock de centaines de tonnes de nitrate d'ammonium entreposés sans mesures de précaution.

"Il s'avère que le scénario de l'explosion au port de Beyrouth risque de se reproduire. On dirait que cette classe au pouvoir ne veut pas tirer les leçons du massacre du 4 août. Voilà que le navire MSC MASHA 3 en provenance de Chine s'apprête à jeter l'ancre dans l'un des ports libanais (Beyrouth ou Tripoli) afin de décharger des matières chimiques, du sulfure de sodium qui est censé transiter vers la Syrie, à travers le territoire libanais", affirme M. Okaïs, dans un communiqué. "Des conteneurs de cette substance se trouveront dans les prochaines heures au large de l'un des ports libanais, et il semble que la ministre (sortante) de la Défense (Zeina Acar) a autorisé le 19 janvier 2021 le déchargement du navire, tout en demandant au ministère des Travaux publics et des Transports d'interdire l'entreposage des conteneurs renfermant les matières chimiques", ajoute le député.

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"Le peuple libanais a le droit de demander : Qui peut nous garantir que les matières chimiques ne seront pas déchargées du navire et stockées en territoire libanais, dans un remake effrayant du drame du nitrate d'ammonium ?" s'interroge l'élu. "Pourquoi la cargaison n'est pas déchargée en Syrie directement, sachant que c'est elle qui a commandé ces matières ? Faire transiter cette cargaison à travers le territoire libanais n'est-il pas une violation des lois internationales en vigueur et qui ferait risquer au Liban des sanctions supplémentaires ? Les conteneurs seront-ils inspectés par l'armée libanaise qui est la seule à qui nous faisons confiance sur ce plan ?", poursuit Georges Okaïs.

"Criminalité de cette classe au pouvoir"

Et de prévenir : "Si cette affaire n'est pas tirée au clair, nous allons recourir à l'escalade sur le plan médiatique et institutionnel, car nous sommes las de la criminalité de cette classe au pouvoir et de son irresponsabilité envers son peuple". Le député affirme en fin de communiqué que "le sulfure de sodium (sodium sulfide en anglais) est une matière explosive, selon les études disponibles sur les moteurs de recherche électroniques".

Réagissant aux déclarations du député, le bureau de presse de la ministre sortante de la Défense, Zeina Acar, a indiqué que son ministère et le commandement de l'armée ont accepté que la cargaison du navire soit déchargée dans le port de Beyrouth, à l'exception des dix conteneurs renfermant des produits chimiques, et réclamé une inspection du bateau. "Chacun des conteneurs qui sera déchargé dans le port devra être inspecté séparément pour s'assurer qu'aucun ne contient du sulfure de sodium ou tout autre produit chimique inflammable ou dangereux", a souligné le texte qui précise que cette inspection se fera "en présence des propriétaires des conteneurs ou de leurs représentants légaux". La ministre ajoute que si les propriétaires ou leurs avocats ne sont pas présents pour l'inspection, les conteneurs concernés seront réembarqués et repartiront avec le navire. La ministre Acar précise que ces dispositions ont été prises suite à une correspondance de la Direction générale des transports terrestres et maritimes au ministère des Travaux publics et des transports, qui arguait qu'interdire au navire, qui appartient à une société réputée de transport maritime, d'accoster porterait préjudice "à la réputation du Liban et du port de Beyrouth". 

Le sulfure de sodium, sous forme de cristaux jaunes, blancs, rouges ou roses, peut entrer dans la production d'eau lourde pour les réacteurs nucléaires, comme il peut être utilisé dans la composition de médicaments pour animaux, la production de gommes, ou encore le traitement de papier. Il peut provoquer des irritations de la peau, des yeux et des voies respiratoires. S'il est finement coupé, il peut exploser à l'air. Selon le site marinetraffic.com, qui suit les mouvements de navires, le MSC MASHA 3 bat pavillon portugais et se dirige de Limassol, à Chypre, vers Beyrouth.

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Le juge libanais Fadi Sawan, en charge de l'enquête sur l'explosion causée par la présence de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium dans le port sans mesure de sécurité depuis 2014, a déjà inculpé le Premier ministre démissionnaire, Hassane Diab, et trois anciens ministres. Mais l'enquête fait du surplace depuis plusieurs semaines, face aux ingérences de divers responsables politiques, au grand dam d'une large frange de la population qui réclame une enquête indépendante. Les appels à une enquête internationale ont été rejetés par les autorités libanaises qui ont toutefois été épaulées par des experts internationaux lors des premières investigations sur le terrain.

Dernièrement, des informations de presse évoquent l’implication présumée d’hommes d’affaires syriens proches du régime de Bachar el-Assad dans l’importation du nitrate d’ammonium qui a explosé au port de Beyrouth, alors que la Syrie se trouve sous le coup de sanctions internationales et cherche à les contourner par tous les moyens, notamment à travers des trafics en tout genre via le Liban.


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