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Nouveau regain de tension entre Kataëb et FL

Alors que Samy Gemayel affirme « ne pas avoir confiance » dans les FL, le parti de Samir Geagea l’accuse de vouloir torpiller ses efforts pour « former un front d’opposition sérieux ».

Nouveau regain de tension entre Kataëb et FL

Le chef des Kataëb au cours de son entrevue avec la journaliste Layal el-Ikhtiyar sur la chaîne al-Hurra. Capture d’écran

Des propos tenus par le chef des Kataëb Samy Gemayel, dans une interview à la chaîne al-Hurra lundi soir, ont suscité une nouvelle polémique entre son parti et celui des Forces libanaises. Lors de son intervention à la télévision, M. Gemayel a formulé plusieurs critiques à l’encontre des FL, estimant notamment qu’il n’avait pas « confiance » dans le directoire de ce parti.

Les deux formations chrétiennes historiquement proches ont pris des chemins très différents au cours des dernières années, bien qu’elles se positionnent toutes deux dans l’opposition. Alors que les Kataëb affichent leur hostilité envers l’intégralité de l’establishment politique, leurs députés ayant démissionné du Parlement suite à l’explosion du port de Beyrouth le 4 août dernier, ils reprochent aux FL d’avoir contribué au compromis présidentiel ayant ouvert la voie à l’élection de Michel Aoun, allié du Hezbollah, à la présidence de la République, et de n’avoir renoncé à leur participation au pouvoir qu’à l’aune du déclenchement de la contestation populaire, le 17 octobre 2019.

« Les Kataëb n’ont plus confiance dans le directoire des FL et je pense d’ailleurs que la confiance est également rompue entre les responsables FL et leur base », a affirmé M. Gemayel. Il a souligné que si « l’audience » du parti de Samir Geagea se veut « résistante », le directoire de ce parti « a permis le compromis » avec le Courant patriotique libre (CPL, aouniste). « Je n’ai pas confiance dans le fait que les FL diffèrent de la classe politique au pouvoir alors qu’elles ont fait partie de ce compromis, qu’elles ont approuvé la loi électorale (de 2017, NDLR) qui a permis au Hezbollah d’accéder au pouvoir », a ajouté le responsable. « Les FL changent de point de vue en fonction de leurs intérêts et de leurs calculs partisans », a encore accusé Samy Gemayel.

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Commentant la constitution d’un éventuel front d’opposition, Samy Gemayel a indiqué qu’une telle initiative « n’avait pas encore été lancée », mais qu’il était en contact avec « certaines parties » afin de proposer un cadre « fédérateur ». « Il est temps de proposer aux Libanais une alternative aux méthodes actuelles, basées sur les tricheries », a-t-il poursuivi.

La loi électorale, seule réalisation du mandat

La réponse acerbe et détaillée des FL n’a pas tardé. Dans un communiqué publié hier par le parti, celui-ci a estimé que les propos de Samy Gemayel constituaient une « tentative de torpiller les efforts (des FL) de former un front d’opposition sérieux ».

« Ce qui s’est passé ces quatre dernières années a montré que ce compromis avait été conclu principalement entre le CPL et le courant du Futur », souligne encore le texte, ajoutant que les FL ont voté pour Aoun en l’absence d’un autre candidat possible à ce moment-là.

« M. Gemayel dit ne pas avoir confiance dans le directoire des FL, mais ce dernier n’a que faire de cette confiance », affirment les FL. Ils contestent également les propos du chef des Kataëb sur « la confiance rompue entre la base et le directoire des FL », estimant que la popularité de leur parti s’est accrue, et évoquent notamment les résultats des élections législatives de 2018, qui leur ont donné 15 députés.

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Concernant l’adoption de la loi électorale actuelle, qui constitue l’un des reproches qui leur sont adressés par Samy Gemayel, les FL insistent sur le fait que « cette loi est probablement la seule réalisation de ce mandat, et a assuré une réelle représentativité ». Le parti défend son entrée tardive dans le club des forces politiques qui revendiquent des élections législatives anticipées, estimant que « ce n’est pas une option qui doit être envisagée en n’importe quelles circonstances ».

En soirée, le parti Kataëb a publié un nouveau communiqué dans lequel il précise que son conflit avec l’ensemble des parties politiques, dont les FL, porte sur les choix d’une part, et sur la prestation d’autre part. « Il s’agit d’un désaccord profond sur notre approche des dossiers depuis le compromis fondé sur le partage du gâteau en 2016, dont les Libanais payent le prix à ce jour », poursuit le texte. Le parti a en outre demandé à ses membres de ne pas prendre part aux campagnes de diffamation sur les réseaux sociaux.


Des propos tenus par le chef des Kataëb Samy Gemayel, dans une interview à la chaîne al-Hurra lundi soir, ont suscité une nouvelle polémique entre son parti et celui des Forces libanaises. Lors de son intervention à la télévision, M. Gemayel a formulé plusieurs critiques à l’encontre des FL, estimant notamment qu’il n’avait pas « confiance » dans le directoire de ce...